NEMRUT DAÐI (MONT NEMRUT)


Situé à 86 km au nord-est d'Adýyaman et à 50 km de Kahta, le Nemrut Daðý, qui culmine à 2 150 m, est un sommet des Monts Ankar situés à l'est de la chaîne des Taurus. En plus de la beauté du site, le Nemrut Dað est aussi un trésor archéologique unique.

En 1880, Karl Sester, qui était un ingénieur allemand affecté à l'établissement de voies de communication qui devaient relier l'est au centre de l'Anatolie et aux ports de la Méditerranée, apprit l'existence de statues gigantesques au sommet du Nemrut Dað. Il informa le consul allemand à Izmir qui lui-même informa l'Académie Royale Prussienne de Science de ce qu'ils pensaient être des monuments assyriens. En mai-juin 1882, l'archéologue Otto Puchstein et Karl Sester entreprirent les premières recherches et fouilles, et, au dos des trônes des statues de la terrasse est, ils découvrirent une longue inscription en langue grecque, disant :
"Le Grand Roi Antiochos Theos Dikaios, Epiphanes, Philoromaios et Philhellene, fils du Roi Mithridates Kallinikos et de la Reine Laodice Thea Philadelphos, fille du Roi Antiochos Epiphanes Philometor Kallinikos... a inscrit sur des bases consacrées, en lettres inviolées, l'oeuvre de ses bienfaits pour l'éternité... J'ai décidé de préparer ce monument
à l'abri des ravages du temps près des trônes célestes des dieux tout puissants, où mon âme divine bien-aimée reposera pour l'éternité... et que cet endroit puisse être un témoignage de ma piété. Comme vous le voyez, j'ai fait ériger ces merveilleuses statues qui sont réellement dignes des dieux: les statues de Zeus-Oromasdes, Apollon-Mithras-Hélios-Hermès, Artagnes-Héraclès-Arès et celle de ma patrie, ma Commagène nourricière. Juste à côté des dieux qui écoutent nos prières, taillées dans la même pierre, j'ai fait ériger ma propre statue, qui me représente assis trônant, et celle d'une Nouvelle Fortune, la compagne des grands dieux...". (D'après la traduction de Stanley Burstein).
Puchstein déchiffra que la personne qui avait gagné l'immortalité en se référant à lui-même tel l'égal des dieux, était
Antiochos Ier (69-34 av. J.C.), le Roi de Commagène.
En 1883, une équipe turque comprenant Osman Hamdi Bey, le Directeur du Musée Impérial d'Istanbul, fit de plus amples études sur le Nemrut Dað. A partir de 1938, les allemands Karl Dörner et Rudolph Neumann firent des fouilles dans la région et découvrirent Arsameia. En 1951, ils furent rejoints par l'américaine Thérésa Goell qui dévoua le restant de sa vie au Nemrut Dað, jusqu'à sa mort en 1985. Depuis lors des travaux de fouille ont été menés périodiquement. En juillet 2001, la Fondation Internationale Nemrut en coopération avec le Ministère de la Culture et la Fondation Démocratique Turque ont mis en route le Projet Nemrut pour les fouilles, la protection et la restauration du site.
En 1987, le Nemrut Dað a été inscrit par l'UNESCO au Patrimoine Mondial de l'Humanité.

Depuis les terrasses situées au sommet du Nemrut Dað, l'on jouit d'un panorama grandiose sur la région. Ce décor fascinant est d'une prodigieuse beauté au lever (pour les plus courageux) comme au coucher du soleil. A ne pas manquer!
La meilleure période pour visiter le Nemrut Dað se situe entre mai et début octobre. Depuis l'entrée du Parc National dans lequel se trouve Nemrut, une route de montagne mène au site. A partir du parking, il faut compter environ 15 minutes de marche, par un chemin caillouteux, jusqu'au sommet.
Le Festival International de Kahta-Commagène a lieu chaque année du 25 au 27 juin.

Le site:

Le Roi Antiochos Ier fit construire un sanctuaire où il était vénéré comme un dieu, et où il fut enterré. Les fidèles de tout le Royaume de Commagène devaient assister aux cérémonies d'anniversaire de la naissance du roi, le 16 Audnaios, et de son accession au trône, le 10 Loos. Ce sanctuaire est appelé "Hiérothésion", un terme particulier à la Commagène et qui signifie soit "un endroit abritant quelque chose de sacré", soit une tombe monumentale, soit le sanctuaire funéraire de la famille royale. A cause de la mort prématurée du roi, la construction du Hierothésion ne put pas être achevée.
Le Hiérothésion consiste en une tumulus entouré sur trois côtés par des terrasses où s'élèvent des statues monumentales.

Le Tumulus, qui est un tertre formé par des petites pierres entassées, est placé en plein milieu du sommet. Son diamètre est de 150 m et sa hauteur de 50 m. A l'origine il faisait 75 m de haut, mais Thérésa Goell, en quête de la tombe d'Antiochos, utilisa de la dynamite (!) ce qui en diminua considérablement la hauteur. De récentes études ont permis de déterminer que la chambre funéraire se trouve bien dans la formation rocheuse sous le tumulus, mais l'endroit exact n'a pas encore pu être localisé.


Vue du Tumulus depuis le Grand Autel sur la Terrasse Est

La Terrasse Est est constituée par le Grand Autel, un autel du feu carré surélevé par quatre marches avec la statue d'un lion sur un côté, qui fait face à des statues monumentales de 8 à 10 m de haut faites de blocks de calcaire pesant de 3 à 5,5 tonnes. Ces statues, habillées de vêtements perses, sont toutes représentées en position assise sur un trône. Toutes les têtes des statues sont tombées à terre. Elles sont coiffées, à l'exception de la Commagène, d'une tiare perse. Les visages ont été idéalisés dans le style hellénistique tardif. La taille des têtes est d'environ 2 m. Les statues s'ordonnent comme suit de la gauche vers la droite:
- Apollo, le Dieu grec de la Beauté, de la Lumière, des Arts et de la Divination, qui était le fils de Zeus et de Léto, est l'égal de Mithras le Dieu perse de la Lumière, d'Hélios le Dieu grec du Soleil, et d'Hermès le Messager grec des Dieux.
- La Commagène, personnifiée par Tyché-Fortuna qui symbolise la chance, le destin et l'abondance, porte un couvre-chef fait de fruits. Une corne d'abondance se trouvait près de son épaule droite. Lorsque le site de Nemrut fut découvert, c'était la seule tête à être encore en place, mais comme les autres, elle a fini par tomber.
- Zeus est le Dieu grec Tout Puissant et sa statue est plus haute que les autres. Ses équivalents perses sont Oromasdes-Ahura Mazda "le sage souverain de la création". Sa tête barbue est coiffée d'une tiare avec des étoiles.
- Antiochos I, le célèbre Roi de Commagène, a un lignage paternel qui remonte au Roi de Perse Darius le Grand, et un lignage maternel qui remonte au Macédonien Alexandre le Grand. Il est représenté portant un sceptre. La partie haute des tiares des statues d'Antiochos et de Zeus n'existent plus.
- Héraclès, le demi-dieu fils de Zeus et d'Alcmène, et le héros symbolisant la force et la bravoure, est représenté avec ses attributs, la peau de lion et la massue. Il est l'égal d'Arès, le Dieu grec de la Guerre, et du perse Artagnes-Verethragna.
- L'Aigle est le seigneur du ciel et le messager des dieux.
- Le Lion, le roi des animaux, ensemble avec l'aigle, est le gardien et le protecteur du royaume et des dieux.

Sur le côté nord de la terrasse se trouvent des bas-reliefs (orthostates) représentant les ancêtres perses d'Antiochos commençant avec Darius Ier, et sur le côté sud, ses ancêtres macédoniens commençant avec Alexandre, tous avec leurs noms sculptés dans la pierre.

Statues de la Terrasse Est avec les têtes
d'Antiochos Ier, d'Héraclès et de l'Aigle
Inscriptions en grec
au dos des trônes des statues

La Terrasse Nord était un lieu de rassemblement durant les cérémonies, reliant la Terrasse Est avec la Terrasse Ouest. Cette terrasse était très probablement destinée aux nouveaux rois de Commagène, mais les bases des stèles montrent que les travaux furent laissés inachevés après la mort d'Antiochos Ier.

La Terrasse Ouest, que l'on atteint en marchant autour du tumulus, est en moins bon état mais les têtes sont mieux préservées. Le groupe de statues est le même que sur la Terrasse Est. Alors qu'aucune trace n'a subsisté des "bas-reliefs de la dexiosis" encore appelés "reliefs des poignées de main" sur la Terrasse Est, içi la série de bas-reliefs représentant Antiochos serrant la main de la Commagène, Antiochos serrant la main d'Apollon, Antiochos serrant la main de Zeus, Antiochos serrant la main d'Héraclès, sont bien conservés. La poignée de main tenait une place importante dans le rituel perse. A cause de la topographie de la montagne sur ce versant, les bas-reliefs des ancêtres perses se trouvent sur le côté sud alors que les ancêtres macédoniens sont placés en face des statues.
Les bas-reliefs de la dexiosis sont suivis par la Stèle du Lion à L'Horoscope (qui est en restauration pour le moment). Ce bas-relief de 2,40 m de long et de 1,75 m de haut, représente un lion avec sur le corps seize étoiles et huit rayons, ainsi que trois plus grandes étoiles et seize rayons au dessus. Les inscriptions indiquent que ces étoiles sont Jupiter, Mercure et Mars, les planètes de Zeus-Oromasdes, Apollon-Mithras et Héraclès-Artagnes-Arès. Le croissant de lune autour du cou du lion symbolise la Commagène. Cet horoscope qui, pense-t-on, est en rapport avec la fondation du sanctuaire, est considéré comme étant le premier horoscope connu. Il décrit la position de ces planètes le 7 juillet 62 av. J.C., date qui correspond au lever de l'Etoile Regulus, l'Etoile du Roi. Ainsi le Roi Etoile Antiochos Ier prit-il sa place céleste parmi les Dieux.

 
Têtes monumentales d'Apollon, de la Commagène,
de Zeus, d'Antiochos I, d'Héraclès et de l'Aigle
Lion à l'Horoscope

   
Tête monumentale d'Apollon
 
Tête monumentale de la Commagène
 
Tête monumentale d'Héraclès

 
 
Tête monumentale de Zeus
Têtes monumentales d'Antiochos
et de Zeus (Terrasse Est)
 


A voir également dans la région du Nemrut Dað:

Arsameia ad Nymphaios
s'étend sur deux collines appelées Eski Kale (l'Ancienne Forteresse) et Yeni Kale (la Nouvelle Forteresse) et séparées par la rivière Nymphaios (Kahta Çayý). En 1951, Karl Dörner mit au jour Arsameia avec la découverte d'inscriptions en langue grecque où Antiochos Ier donne des informations sur la ville. Son ancêtre Arsamès, au début du IIe siècle av. J.C. fonda Arsameia, et utilisa l'endroit comme résidence d'été. En 80 av. J.C., Mithridates I Kallinikos, le père d'Antiochos Ier, y fit construire sa tombe monumentale. Changeant son nom en Arsameia de Nymphaios afin de la distinguer d'Arsameia sur l'Euphrates (voir plus bas), Antiochos Ier transforma le site qui correspond à Eski Kale, en un sanctuaire funéraire sacré (hiérothésion) avec des bâtiments de culte et des monuments. Tout au long du chemin processionnel se trouvent des inscriptions, des grottes et des bas-reliefs tels que:

- Un bas-relief de 4,40 m de haut qui est cassé en deux. La partie restante représente le dieu-soleil Mithras-Hélios avec sa tiare en forme de rayons de soleil, qui serrait la main (dexiosis) soit d'Antiochos, soit de Mithridates. Le bas-relief fut placé içi afin d'accueillir les hôtes venus assister aux cérémonies de culte.
- La chambre à coupole creusée dans le roc est suivie d'un tunnel en escalier se terminant 6 m plus bas par une chambre souterraine dont la fonction était en rapport avec le culte de Mithras.

 
 
Mithras-Hélios - dexiosis
Bas-relief elief de Mithridates Ier
avec inscription de culte
 

- Les bas-reliefs cassés représentant Antiochos Ier (à droite) et son père Mithridates Ier, s'élèvent devant l'entrée de la chambre à coupole. Le bas-relief de Mithridates Ier Kallinikos porte, à l'arrière, une inscription de culte bien conservée.
- Le tunnel qui descend à 158 m de profondeur en s'élargissant, aboutit à une chambre de 3 m sur 2 m. Au dessus de l'entrée du tunnel se trouve une longue inscription en grec qui décrit Arsameia, sa fondation, sa topographie, les apports et les restaurations faites par Antiochos, ainsi que la tombe de Mithridates Ier Kallinikos.
- A gauche de l'entrée du tunnel s'élève le remarquable bas-relief de style hellénistique représentant Antiochos Ier serrant la main d'Héraclès. Ce bas-relief de 3,30 m sur 1,80 m fut taillé dans le même bloc de calcaire que l'inscription murale. Le roi, montré de trois-quarts, porte un beau costume perse de cérémonie constitué par un pantalon dont le bas est rentré dans ses chaussures, une jupe relevée avec un cordelette à la façon des gens habitués à monter à cheval, une fine cuirasse en cuir avec des dessins géométriques par dessus sa chemise, une cape attachée avec une fibule, des bracelets aux poignets, un couteau de sacrifice dont le fourreau est décoré de cinq têtes de lion, et une tiare avec des motifs de feuilles, de plumes et un lion. Il porte un long sceptre dans sa main gauche. A l'inverse, Héraclès à la barbe épaisse et bouclée et montré de face, est idéalisé dans le style grec. Il est représenté nu, tenant la peau de lion et la massue.

   
 
Antiochos Ier serrant la main d'Héraclès
Entrée du tunnel avec au-dessus
des inscriptions
 

- Le chemin processionnel se termine en haut de la colline où un escalier de 7 m de large débouche sur une plateforme. Içi se trouvaient la tombe-sanctuaire, similaire au Mausolée d'Halicarnasse, ainsi que le palais de Mithridates I. Les têtes des statues d'Antiochos Ier et de sa mère Laodice trouvées içi ont été emportées au Musée de Gaziantep. Seules les sols en mosaiques de deux grandes salles de cérémonies et les ruines d'un bâtiment à deux étages ont subsisté. D'après un manuscrit de la fin du XIIe siècle, les pierres de ces beaux monuments furent réutilisées après 1166 dans l'agrandissement du Monastère de Mar Barsauma par Michel Ier qui en fit le nouveau siège du Patriarcat Syriaque-Jacobite (les ruines de l'église à trois nefs sont situées dans les environs de Gerger).


Yeni Kale
(la Nouvelle Forteresse) est située près du village de Kocahisar (Eski Kahta) et est séparé de Eski Kale par la rivière Nymphaios (Kahta çayý).
D'après une inscription sur les murs d'Eski Kale, il en a été déduit que la partie d'Arsameia qui se trouve sur la colline de Yeni Kale était aussi entourée de remparts. Cependant, aucune ruine datant de cette période n'a subsisté. A partir du XIIe siècle, l'endroit fut occupé par les Artukides et les Seldjoukides de Roum. Au XIIIe siècle, les Mamelouks construisirent l'imposante forteresse qui était considérée comme l'une des plus puissantes constructions médiévales de la région. Elle est constituée par une forteresse extérieure et une forteresse intérieure dans laquelle se trouvent les ruines de deux citernes, d'une mosquée, d'un hammam et d'un palais avec une série de salles et un hall. Sous le pigeonnier (les pigeons voyageurs étaient l'un des moyens de communication utilisés par les Mamelouks), un passage souterrain, commençant au pied de la falaise, relie la forteresse à l'autre rive de la rivière.

 


Le Pont de Cendere
enjambe l'antique rivière Chabinas
(Cendere çayý) à l'endroit où elle surgit d'une impressionante gorge et coule dans la large vallée de la rivière Kahta (Nymphaios) dont elle est un afflent. Ce pont en parfait état porte des inscriptions en latin qui indiquent qu'il fut construit entre 198 et 200 ap. J.C. par la "legio XVI Flavia firma" (XVIe légion romaine) stationnées à Samosata (Samsat), en la place d'un autre pont construit par Vespasien (69-79). Une paire de colonnes fut érigée en l'honeur de l'empereur romain Septime Sévère (197-211) et de son épouse Julia domna qui reçut le titre de Mater Kastrorum (Mère des Soldats). L'autre paire fut dédiée à leurs deux fils Geta et Marc Aurèle Sévère Antonin. Lorsque ce dernier arriva au pouvoir sous le nom de Caracalla (211-217), il fit tuer son frère et tout ce qui lui était associé fut appelé à disparaître. C'est ainsi que la quatrième colonne du pont fut supprimée.
Le pont fait 120 m de long et la largeur de son unique voûte est de 35 m. Les blocs de pierre posés comme des marches font office de parapet.

 

 



Le Tumulus de Karakuþ, situé à 12 km de Kahta, était le sanctuaire funéraire (hiérothésion) de la mère de Mithridates II, Isias, de sa soeur Antiochis et de sa nièce Aka. A l'origine, le tumulus était entouré par des groupes de trois colonnes doriques, dont quelques unes ont subsisté. Chaque colonne faisait environ 9 m de haut et était couronnée par des stèles, bas-reliefs, statues de taureau, de lion et d'aigle. Du groupe sur le côté est, seule une colonne a subsisté: elle est surmontée de la statue d'un aigle de 2,54 m qui a donné son nom au site (en turc Karakuþ désigne un oiseau noir). D'un autre groupe, deux colonnes sont encore debout. Une inscription en grec sur la partie haute de la plinthe et sur le tambour de la colonne qui se trouvait au milieu, donne des informations sur ce sanctuaire funéraire. A son sommet, elle porte des traces d'un bas-relief. En haut de la deuxième colonne se trouve un taureau dont la tête n'a pas subsisté. Du dernier groupe, seule une colonne est encore debout. La stèle qui la couronne représentait une scène de poignée de main (dexiosis) entre Mithridates II (31-20 av. J.C.) et sa soeur Laodice.
La hauteur du tumulus est de 21 m. La chambre funéraire, située à l'intérieur, a été pillée à la période romaine et les blocs de pierre furent très probablement réutilisés pour la construction du premier pont de Cendere.

 

Samosate (Samsat), est située près de la ville de Yeni Samsat. La capitale du Royaume de Commagène fut fondée par Samos II vers 100 av. J.C. à un poibt où les voies commerciales entre l'est et l'ouest traversent le fleuve Euphrate.Sous Antiochos Ier, un château fort fut construit au sommet de la colline. Après que la Commagène ait été annexée par Rome, la "legio XVI Flavia firma" (XVIe légion romaine) fut stationnée dans la ville. Samosate est le lieu de naissance du satiriste romain Lucien (125-192) célèbre pour son "Histoire Vraie". Plus tard l'endroit passa sous domination byzantine, arabe et seldjoukide.
A cause de sa situation proche de l'Euphrate, le site est à présent quasiment submergé par les eaux du Barrage Atatürk, au sud de Kahta. Au sommet de la colline il reste des ruines datant du Moyen Age.

Arsameia sur l'Euphrate, de nos jours appelée
Gerger Kalesi (la Forteresse de Gerger), fut fondée par Arsames sur la formation rocheuse dominant lEuphrate qui constituait la frontière naturelle de la partie orientale du Royaume de Commagène. Dans le haut du site, se trouvait à l'origine le temple d'Argandene qui était une déesse locale. Plus tard, il fut transformé en un sanctuaire funéraire (hiérothésion), où un bas-relief de 4 m sur 2,70 m fut sculpté à même le roc. Des inscriptions mentionnant qu'Antiochos Ier l'avait commandé pour son grand-père, le roi Samos II. Le bas-relief, qui représente Samos (Sames) regardant en direction du Nemrut Dað, fut conçu pour être vu de loin.
La partie basse de
Gerger Kalesi est constituée par une forteresse médiévale.


La Nécropole de Pirin (Perre), à 5 km au nord d'Adýyaman, où se trouvent les vestiges d'une cité romaine et les grottes où sont creusées 208 tombes à même le roc.

Le Musée Archéologique et Ethnographique d'Adýyaman complète la visite de la région. Des objets et fragments architecturaux en rapport avec la Commagène sont aussi exposés
au Musée Archéologique de Gaziantep (Bas-relief de la Dexiosis, représentant Antiochos I serrant la main d'Apollon, qui provient du site cultuel situé à Sofraz Köy) et au Musée des Civilisations Anatoliennes d'Ankara.




LE BARRAGE ATATÜRK

Ce barrage, appelé Atatürk Barajý en turc et construit sur l'Euphrate à 40 km d'Adýyaman, est au quatrième rang mondial. Il est le centre de l'immense projet GAP de l'aménagement du sud anatolien. Son lac est en train de devenir un important centre touristique.

La Compétition Internationale de Voile du Barrage Atatürk a lieu chaque année en octobre sur le lac.